Bonjour et bienvenue dans Parole d'Histoire, une émission consacrée à l'actualité des livres, des débats et de la recherche en histoire. L'actualité c'est un bel anniversaire pour une revue qui compte dans le paysage historiographique, vingt et vingt et un, plus connu sous son ancien nom de vingtième siècle revue d'histoire qui fête ses quarante ans dans un numéro spécial. On en parle aujourd'hui dans une émission à sept voix. Vous retrouvez les références de l'émission et tous les autres épisodes sur le site parole histoire point f r, où se trouve également la boutique en ligne qui vous permet de faire des cadeaux de fin d'année et de soutenir le podcast qui vit sans publicité. N'hésitez pas à vous abonner, laisser des commentaires sur iTunes, Spotify ou YouTube. Merci et très bonne écoute. Le plaisir d'être avec les deux co-rédacteurs et lectrices en chef de la revue vingt et vingt-et-un revue d'histoire, anciennement au vingtième siècle, Antonin Durand, bonjour. Bonjour. Vous avez mené des conférences à Sorbonne université et Marie-Bénédicte Vincent bonjour. Bonjour. Professeur à l'université de Franche-Comté. Vous avez participé, codirigé en partie le le numéro spécial de cette revue pour son quarantième anniversaire, elle est née en mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatre. Alors c'est une revue qui est évidemment incontournable dans le paysage de l'histoire contemporaine française. Marie-Léine Vincent, est-ce que vous souvenez de quelle façon vous l'avez l'histoire contemporaine française. Marie-Léonie Vincent, est-ce que vous vous souvenez de quelle façon vous l'avez rencontrée J'ai rencontré le vingtième siècle à l'époque d'abord comme lectrice à travers des articles qui je crois sont restés malgré le fait qu'ils sont maintenant un peu anciens, des articles de référence et je pense que le premier dossier que j'ai consulté sur vingtième siècle ou dans la revue vingtième siècle était un dossier consacré aux générations en politique. Antonin. Oui alors moi je me je me souviens surtout d'avoir d'avoir beaucoup utilisé la la rubrique la rubrique librairie, celle-là qui fait qui fait le qui réunit les comptes rendus de de livres, j'utilisais pendant mes études pour faire de la veille scientifique et puis c'est aussi par ce biais-là que j'ai commencé à écrire pour la revue en publiant je crois mon tout premier compte rendu, c'est un compte rendu de de Jacqueline Lalouette, jour de fête qui date des années deux-mille. Alors évidemment voilà publier des des recensions, ça fait partie de l'apprentissage de l'écriture académique et et cette revue, de l'apprentissage de l'écriture académique et et cette revue le permet. Alors c'est une revue qui a un statut particulier, elle est née en mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatre et on écoute Anat Respush qui va nous raconter comment elle est née puisque pour ce numéro anniversaire, elle s'est plongée dans les archives de la revue et l'histoire de ses fondateurs. Le premier numéro de vingtième siècle revue d'histoire sort en janvier dix-neuf-cent-quatre-vingt-quatre. Alors on peut voir ça comme comme un point de départ. En réalité, c'est aussi l'aboutissement de deux ans de discussion, de lettres, de pneumatiques, d'options, de choix. Quand on se plonge dans les archives de la revue qui ont été versées à l'iMEC, institut mémoire de l'édition contemporaine, bien on prend la mesure de cet entrain, cette énergie qui lie dans un premier temps les trois fondateurs Jean-Pierre Rioux, Michel Vinocq et François Bédarida. Leur projet est formalisé lors d'un déjeuner à Paris en novembre dix-neuf-cent-quatre-vingt-un. Ils ont pour intention d'offrir une revue à l'histoire du vingtième siècle. Un siècle qui par définition en mille-neuf-cent-quatre-vingt-un est inachevé en cours. Il s'agit donc pour ces historiens et les camarades qui vont les rejoindre, de traiter d'un temps indécis. Et ça suppose une certaine responsabilité pour l'historien, celle d'éclairer le présent par par la connaissance du passé et c'est une une mission qu'ils assument et qu'ils se donnent dès le dès le départ. Leur volonté c'est aussi de créer un nouveau format, d'inventer un un format soit à mi-chemin entre le magazine grand public comme l'histoire que Michel Vinocq a lancé trois ans plus tôt et les revues académiques à l'instar des annales. Ce nouveau format doit permettre d'identifier la revue comme une revue, je cite scientifique et culturelle. Donc cette revue doit être attractive sur le plan formel et doit notamment accorder une place nouvelle aux objets culturels. Dans les discussions de début des années dix-neuf-cent-quatre-vingt, il y a la volonté de d'accorder du crédit et de voir comment l'historien peut traiter des expositions, des arts, de la littérature et petit à petit on voit la rubrique images, lettres et sons de vingtième siècle émergées. Ce nouveau format, il doit notamment séduire les enseignants du secondaire. Ces enseignants du secondaire, ils doivent depuis les programmes de dix-neuf-cent-quatre-vingt-deux traiter de la période qui va de dix-neuf-cent-quarante-cinq à nos jours en terminale. Et donc la revue vingtième siècle et bien elle doit jouer ce rôle de passerelle entre la recherche historique et le secondaire. Alors dans cette période, je l'ai dit plusieurs choix sont faits, il y a des choix qui paraissent un petit peu anecdotiques par exemple le choix de l'intitulé de de la revue. Dans le dernier comité de rédaction qui précède la pose estivale de mille-neuf-cent-quatre-vingt-deux, chacun repart avec une trentaine de propositions et il s'agit donc de choisir le titre de la revue, une revue qui aurait pu s'appeler Tempête, Sphinx, Chronos, Entre temps finalement c'est l'intitulé vingtième siècle qui fera consensus. Dans les choix qui sont faits, il y a des impensés et la question de la parité en est un puisque le premier comité de rédaction réunit finalement dix-neuf membres et sur ces dix-neuf membres, on compte trois femmes, Michel Perrot, nos spécialistes d'histoire sociale, l'histoire des femmes, Marie-Claire Bergère, spécialiste de la Chine contemporaine et Hélène Carrère-Dancos, spécialiste de l'Union soviétique. À l'évidence, cette question de la parité n'est pas du tout ni formulée ni une priorité. Autre choix qui s'avère décisif pour la revue, c'est celui de l'éditeur. Alors le projet initial, c'est que la revue soit édité par un éditeur suisse Minkov qui est plutôt spécialisé dans le de partition musicale et qui s'était lancé dans les années dix-neuf-cent-soixante-dix avec Michel Vinoc dans la réédition de fac similé de la deuxième internationale. Voilà donc si le le contrat avait été conclu avec Minkov, à l'évidence vingtième siècle aurait été une revue plus culturelle que scientifique. En réalité voilà plusieurs plusieurs autres options sont posées sur la table, celle de Fayard, celle du seuil. Et René Raymond lui vient avec une proposition des presses de la fondation nationale de de sciences politiques et c'est finalement la la solution la plus viable et qui l'emporte et qui tire également vingtième siècle vers une revue plus scientifique que culturelle, voilà. Alors on voit l'importance voilà de ce club masculin entre guillemets qui était celui des débuts, de cet ancrage adossé aux presses de sciences po et également peut-être qu'on peut le souligner parce qu'elle l'a un peu moins dit, le projet intellectuel qui est derrière c'est aussi un projet de faire exister un autre type d'histoire que l'histoire qui a longtemps été dominante en France en mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatre, ça l'est un petit peu moins mais ça c'est resté très fort c'est l'histoire des annales, Marie-Béninine Vincent, est-ce que voilà, il y a un autre type d'histoire qui s'écrit dans le vingtième siècle Alors, il est vrai qu'en mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatre, l'idée est de créer une revue d'histoire politique et c'est un acte un peu militant puisqu'il s'agit de reinstaurer cette histoire politique, alors renouvelée bien sûr enrichie par de des dimensions d'histoire sociale, d'histoire économique, d'histoire de la mémoire, mais de donner une visibilité nouvelle à cette histoire politique qui jusque-là avait peut-être été considérée comme secondaire ou ou dépassée. Donc il y a évidemment cette cette ambition qu'on va retrouver d'ailleurs jusqu'à aujourd'hui. L'histoire politique n'est, elle n'est pas conçue comme une spécialité, mais ouvre en fait, c'est le politique en en en vérité qui est interrogé plus que l'histoire de la vie politique. Pour rester un instant sur ce contexte de fondation de la revue en mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatre, faire une revue d'histoire du contemporain, c'est à la fois s'inscrire aussi dans un courant historiographique qu'on appelle aussi l'histoire du temps présent, l'idée qu'on fait l'histoire de quelque chose dont on est parti prenant dont les témoins sont encore vivants et puis c'est aussi s'inscrire dans un contexte plus général à l'échelle européenne occidentale où il y a des revues en Allemagne en Angleterre aux États-Unis en Autriche qui sont des revues du contemporain qui ne sont plus seulement les revues vénérable qui étaient là historyous eichrift ou le journal of ou pasten present, mais qui sont des revues centrées sur le contemporain. Oui, on a voulu faire une sorte de tour d'horizon, des revues étrangères qui seraient comparables à priori à vingt et vingt et un. Donc on a, c'est une sorte de mise en perspective en fait de de la de notre vue. Et donc on a tout simplement choisi, envoyé des des questions similaires à à plusieurs revues à l'étranger qui nous semblaient proches thématiquement, donc le journal of contemporain history history, Aires, Geschichte, ailleurs, pour en citer quelques-unes. Et on s'est dit finalement, est-ce qu'il y a un modèle qui serait la la revue ou la revue d'histoire contemporaine avec un ancrage fort dans le vingtième siècle, tout en étant une revue généraliste. Et on s'est aperçu que oui, ça, c'était dans les années en tout cas de la fin du vingtième siècle, un modèle qui existait donc ailleurs en Autriche, dans le monde anglo-saxerson et que ça l'est sans doute moins aujourd'hui, puisque les les finalement les les dernières revues qui ont été créées depuis les années deux-mille, deux-mille-dix même sont des revues beaucoup plus spécialisées et c'est sans doute une tendance assez générale du paysage actuel des des revues académiques ou des revues scientifiques qui qui est d'être qui, ces revues sont extrêmement ciblées sur une spécialité, un champ d'histoire et ça contribue peut-être à un éparpillement des des chercheurs, des chercheuses qui est dommageable à la cohérence ou du moins une réflexion plus générale et collective. Oui alors justement c'est intéressant de ce point de vue là parce que c'est une revue qui dès l'origine s'est voulue généraliste et peut-être c'est c'est voulu avec un statut intermédiaire entre la revue de pure érudition que pouvait être la revue historique par exemple et puis la revue comme il en existe aussi dans l'espace public français comme esprit, commentaire, le débat qui sont pour certaines contemporaines, le débat c'est les les années mille neuf cent quatre-vingt aussi qui est la revue d'articles un peu plus bref plutôt autour de trente mille que soixante mille signes en gros qui peuvent être lus pas seulement par des universitaires et spécialistes, mais par un grand public cultivé en quelque sorte, est-ce que c'était aussi un petit peu en tournant durant le le l'identité initiale et actuelle de vingt et vingt et un vingtième siècle. Oui tout à fait, je crois que c'est c'est vraiment un point de continuité très fort sur les quarante ans d'histoire de la revue d'être vraiment pensé de avec un chaque numéro est un peu double, un une une première partie qui est constituée soit de soit de varias, soit de de de dossiers ou de ou de spéciaux, mais en tout cas d'articles de recherche, d'articles qui ont une une visée d'érudition en leur forme, qui ont une une exigence de de nouveauté sur le plan de sur le plan des sources comme sur le plan de de de la thèse ou de l'argumentation et puis une deuxième partie qui en volume occupe quasiment la moitié d'un de de chaque numéro en fait qui est qui qui est composée vraiment par le comité de rédaction que sont les rubriques et des rubriques dans lesquelles les formats sont donc sont différents, on a des articles qui vont jusqu'à trente-mille, quarante-mille signes pour la rubrique enjeux ou bien plus bref pour ce qui est des comptes rendus de de livres, de films, mais qui, mais qui a vocation à à pouvoir être lu un peu différemment sans doute surtout à s'ouvrir à des à des à des types d'écriture de l'histoire les plus variées possibles, à s'intéresser non seulement à la à la production éditoriale scientifique, c'est l'objet de la rubrique librairie, mais aussi à des formats différents comme dans la rubrique image lettres et sons, on s'intéresse aussi bien aux à des expositions, que à des bandes dessinées ou à des podcasts, enfin à différents formats d'écriture de l'histoire dont on est convaincu que ils ont leur place à l'intérieur d'une revue comme la nôtre et qu'il faut qu'il existe un dialogue entre les universitaires qui écrivent la revue et la diversité d'acteurs qui contribuent au au savoir historique d'autre part. Oui d'ailleurs on peut souligner que dans ce numéro anniversaire, vous faites un entretien croisé avec les deux youtubeurs français d'histoire sans doute les plus importants, Benjamin Briot et Manon Bril, voilà c'est dans la la continuité de ce que vous venez d'expliquer. Tout à fait, c'est c'est c'était une volonté de notre part de de de les faire figurer de dans une revue scientifique comme comme vingt vingt et un, enfin de de de bien montrer qu'il y a évidemment une continuité dans le dans le travail de de diffusion de l'histoire qui est qui est aussi le nôtre, mais qui est qui est qui est mieux le leur, c'est-à-dire qu'ils ont ils ont une capacité de diffusion que que que nous n'avons pas et et on a une une expertise universitaire que probablement ils n'ont pas et de la même manière qu'on espère que les les les universitaires puissent bénéficier de la visibilité de ces de de de ces acteurs, on pense que nous comme revue universitaire, on a on a une légitimité qu'il est bon de partager avec eux parce que finalement le le le on on fait on fait un travail qui qui s'inscrit dans le dans dans la continuité les uns des autres. Dans la fonction de passerelle de la revue, il y a aussi cette volonté de dialoguer avec des enseignants et des enseignantes du secondaire qui sont nos collègues. Et le numéro anniversaire s'inscrit dans cet enjeu qui existe en fait depuis les débuts de la revue parce que la revue quand quand elle a été créée avait un un lectorat essentiellement composé de collègues dans dans le secondaire. Et l'article de Louise Barré qui est un article qui figure justement dans la rubrique enjeux qu'évoquait Antonin, est un article qui se demande à partir de l'histoire de l'Afrique et à partir de trois exemples tirés de l'histoire de l'Afrique, comment un savoir universitaire en apparence spécialisé, mais qu'il ne faudrait pas isoler du du reste de la réflexion au prétexte que l'Afrique c'est loin et c'est très loin de la France, comment ce savoir peut être transmis et aidé à à à réfléchir dans des classes. Elle prend l'exemple de la classe de première dans un lycée général, à la fois l'enseignement de de spécialités et puis l'enseignement, le tronc commun. Et elle explique de manière assez convaincante que certains résultats récents de la recherche dans l'histoire de l'Afrique peuvent aider à penser des notions qui sont dans les programmes actuels, dans leur formulation de de deux-mille-dix-neuf comme la notion de frontière par exemple. Pour évoquer le rôle du vingtième siècle dans les débats historiographiques en histoire contemporaine, on a demandé à trois membres actuels au passé de sa rédaction d'évoquer pour leurs champs respectifs comment la revue les avait abordés, Claire Zalk pour les migrations puis la Shoah, Guillaume Blanc pour l'Afrique et l'histoire globale, François-Xavier Eyrard pour l'histoire soviétique. On les écoute avant de reprendre la discussion en compagnie de Marie-Béninique Vincent et Antonin Durand. Bonjour Claire Zalk. Bonjour. Une première question, vous avez fait vous êtes une histoire dans les années mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix et vous faisiez l'histoire contemporaine, est-ce que vingtième siècle était une revue importante dans votre formation Est-ce que c'est quelque chose voilà dont il fallait dont il fallait s'imprégner au moment où vous devenez historien. C'est une revue très importante parce que sur la question de l'histoire des migrations, parce que moi j'étais une historienne des migrations, enfin je suis toujours je crois une historienne des migrations. Il y avait un certain nombre d'articles très importants qui ont été publiés dans dans le vingtième siècle. Donc je me souviens vraiment de notamment un article de Stéphane Beaud sur le football et l'immigration et plusieurs articles comme ça autour de la question des migrations. Donc c'était c'était une revue qui a priori n'était pas dans pas dans mes champs, c'est-à-dire mes champs au sens où moi j'étais plutôt disons une historienne qui lisait Genèse et qui était très sciences sociales et les annales et caetera, mais je l'ai énormément utilisé pour un certain nombre d'articles que je cite encore, qui étaient précurseurs en fait. Il y avait vraiment cette idée enfin dans mon souvenir de quelques articles précurseurs qui notamment sur l'histoire des migrations. Alors dans ces premières années même décennies on peut dire que la revue a aussi été une chambre d'écho très importante, des débats qui étaient à l'époque années mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatre-vingt-dix extraordinairement fort, je crois qu'on on peut être en peine à se les représenter aujourd'hui sur le passé de la deuxième guerre mondiale française, de l'occupation de Vichy, du de la question du fascisme français ou non. Alors même si ce n'était pas directement vos vos sujets, est-ce que c'est, est-ce qu'on peut dire que vingtième siècle a été finalement un relais important de ces débats, de ces questions, j'avais fait un comptage rapide par exemple on trouve dans la première décennie de la revue trente-huit articles signés par Henri Rousseau par exemple qui était un acteur incontournable de de de tous ces questionnements. Les créateurs de la revue, c'est les les cette génération d'historiens de sciences po beaucoup qui sont enfin autour de sciences po d'ailleurs la revue est publiée par les presses de la fondation nationale des sciences politiques qui portent ces débats sur la scène. Donc ça c'est évident que c'était une revue de référence sur la question des du fascisme français, de Vichy, de revenir et de mettre en cause on va dire l'historiographie résistentialiste avec des plus ou moins de nuances et caetera. Mais les pontes, pour moi, c'est sûr que c'est c'était quand même ça. La revue dans les années quatre-vingt-dix, c'était toute la bande en gros, je dirais ça comme ça, Bernstein Milza versus Sciences Po, il y avait Riou, Vinoc, mais précisément pour moi ce n'était pas forcément ma, disons ma came historiographique on va le dire comme ça, même si j'ai fait, j'étais une historienne qui avait fait une prépa et qui donc avait tout lu très consciencieusement et avait bien tout digéré. Mais au milieu de de ça, d'abord c'est très important quand même d'avoir été cette chambre d'écho et plus que ça, ce n'est pas qu'une chambre d'écho, je crois qu'ils ont contribué, ils ont fait aussi le débat. Ils ont produit le débat en fait dans cette rue. Mais pour moi au milieu de ça et je trouve que ça c'est une des grandes qualités de cette revue vraiment que c'est il y a toujours eu des vrais moments, enfin il y a eu des moments d'innovation sur des champs historiographiques, il y a toujours une très grande ouverture à ce qui était en train de se faire. Et donc c'est pour ça que je je parle de l'histoire des migrations parce que c'était là ça m'a vraiment servi dans mes recherches plus que la question de Vichy. Sur cette question justement de de l'ouverture, il y a eu quand même une phase où on a pu dire que voilà vingtième siècle pouvait être le porte-parole un petit peu de d'une école française autour de l'héritage de René Raymond sur la la tradition de la droite en France et et un regard un peu féminisé sur le fascisme français contrairement à des historiens notamment étrangers des États-Unis ou des Sternels en Israël qui avait un regard plus critique donc il y avait voilà un clivage historiographique. On a l'impression que c'est quelque chose qui est un petit peu dépassé notamment parce qu'il y a eu des renouvellements générationnels dont vous faites partie aussi puisque s'agissant de l'histoire de la Shoah, vous êtes devenu historienne de la Shoah en partant de cette histoire d'immigration. Vous avez notamment porté un numéro en deux-mille-dix-huit très ouvert justement qui qui dépasse complètement ces lignes de clivage nationales ou d'écoles historiographiques. C'est aussi un, c'est aussi un renouvellement en un sens de de l'historiographie. Alors moi je voudrais juste rappeler quelque chose, je suis rentrée dans la revue je crois en deux-mille-douze après avoir écrit un article sur les petits patrons qui est mon premier article dans dans le vingtième siècle Et puis on m'a fait à la fois j'étais très surprise parce que précisément je n'étais pas dans cette école historiographique, mais en même temps après pour avoir donc passé plusieurs, près plus d'une plus d'une décennie dans la revue, Il y a toujours eu je crois en tout cas depuis que j'y suis cette ouverture notamment aux jeunes. Et je pense c'est vraiment une politique d'être dans une espèce de dialogue intergénérationnel qui est hyper stimulant et très drôle. C'est-à-dire que d'arriver dans cette revue d'abord j'étais un peu vieille par rapport à d'autres jeunes quand on m'a demandé de venir parce que en deux-mille-douze j'étais déjà en gros établie, je n'étais pas allée, mais il y avait aussi des beaucoup plus jeunes et puis des beaucoup beaucoup plus vieux et très très vieux et en même temps tout on on c'est c'est très rare en fait dans une revue d'avoir cette diversité historiographique générationnelle institutionnelle et donc moi c'est pour ça que j'ai adoré être dans cette revue et dans le comité de rédaction et travailler avec toute cette bande parce que vraiment il y a des voix différentes et tout le monde s'écoute. Donc je pense que le fait qu'il m'ait donné l'occasion de publier cette ce numéro spécial, c'est, en fait moi je voudrais parler du numéro de Quentin Delivermo sur Norbert Elias en deux-mille-dix qui pour moi était une alu, c'est-à-dire que vingt, que vingtième siècle fasse un numéro sur autour de Norbert Elias qui est tellement innovant, qui est tellement ouvert qu'on a enfin je je trouvais ça incroyable et c'est vraiment un super numéro. Et c'est vraiment ça qui m'a décidé, j'ai tout de suite dit oui quand on m'a proposé parce que pourtant j'étais déjà dans d'autres vues, c'était une charge assez lourde, c'est une charge très lourde de travail vingtième siècle pour en parler, beaucoup plus que les autres vues, beaucoup beaucoup plus. Mais ça dit aussi que c'est une revue qui à la fois est très vivante et en même temps est extrêmement destinée à la vulgarisation et pour moi c'est un terme très très que j'adore la vulgarisation du savoir historique, c'est-à-dire qu'on travaille aussi à essayer de disséminer, j'y ai disséminé parce que je suis aux États-Unis, je à diffuser la recherche au plus grand nombre et notamment aux profs du secondaire. Ça c'est vraiment une marque de fabrique, c'est-à-dire c'est des articles courts, on les réécrit énormément et énormément. Il y a un travail d'écriture notamment de nous, ce qu'on appelle de faire des éditings qui est chronophage au dernier degré, mais ça donne aussi et beaucoup de discussions sur les textes, ça donne aussi je crois une accessibilité des débats historiographiques les plus parfois les plus en pointe. Alors moi j'étais extrêmement heureuse que ce numéro sur les sources et même pas que sur l'historiographie de la joie, c'est sur le renouvellement des sources, donc c'est quelque chose quand même très précis et qu'ils puissent avoir cette chambre d'écho qu'est cette revue et ça voilà il y a il y a eu aucun enfin non seulement aucun souci mais ça a été un vrai plaisir de pouvoir publier des historiens polonais comme Barbara Engelskin à l'époque qui était plus en procès dans son pays et qui fait un article assez surprenant sur les rêves et qu'est-ce qu'on peut dire des rêves sur l'histoire de la Shoah que ça ça sort dans cette revue-là pour moi c'était quand même quelque chose d'assez exceptionnel. Le premier article de Tal Bruckmann sur l'album de suite il est dans ce numéro avant qu'il ait sorti son bouquin et caetera. C'est là où la première fois cette revue. Donc il y a quand même ce rôle aussi d'incubateur je dirais et moi j'ai beaucoup vécu de l'intérieur et mais qui faisait qu'il fallait aussi qu'il y ait des articles qui pour moi en tout cas sont un petit peu plus rébarbatifs, un peu plus old school mais qui font aussi le fait que ça diffuse une certaine manière de faire de l'histoire. Donc ça c'est, je trouve quelque chose qui tient à cette revue que je n'ai jamais vu dans aucune revue dans lesquelles dans lesquelles j'ai participé. Guillaume Blanc, historien de l'Afrique, de la colonisation que vous êtes, qu'est-ce qu'on peut dire de l'ancrage global de vingtième siècle, on va dire de ses origines au milieu des années mille-neuf-cent-quatre-vingt jusqu'à aujourd'hui C'est vrai que la revue, je pense, reflète un peu l'historiographie française. On peut dire que le tourment global du vingtième siècle, on a un article dans les années quatre-vingt-dix de Georges Vigarello qui nous fait les premières coupes du monde de foot à Montevideo dans les années trente. Il a une belle phrase où il dit que tout ceci est une histoire de distance et il étudie comment des ayeux uruguayens, français, belges se sont rencontrés dans des paquebots, puis après en uruguay. Puis après, on a dix ans, quasiment dix, quinze ans de vide. Et c'est uniquement à partir de deux-mille-cinq, deux-mille-six, deux-mille-sept qu'on commence à avoir de l'histoire dite globale de la colonisation. C'est Jacob Voggel qui a fait quelque chose sur Saint-Baur et la politique culturelle de la RFA. Où après, on a, c'est Leïla Dacri, Vincent Lemire, Daniel Rivet, qui étaient quand même un des piliers de vingt vingt et un et qui est toujours d'ailleurs, qui ont lancé quelque chose sur une histoire décloisonnée du Proche-Orient où en fait, ils sortent des frontières nationales pour essayer de faire une histoire des utopies panarabistes. Et puis, ils font aussi des itinéraires. Ils étudient des réfugiés, des militants qui passent d'un pays à l'autre. Bref, pour essayer de faire des histoires transnationales. Et on peut dire que c'est aller depuis les années deux-mille-quinze qu'on est vraiment dans des histoires globales, c'est-à-dire de prendre un peu comment toutes les interactions entre différentes régions du monde changent notre manière de voir l'histoire. Et avec quand même le petit paradoxe, mais la vingt vingt et un n'en est pas exempt, c'est pour ça que je vous disais que c'est un peu le miroir de l'historiographie française. Faire l'histoire globale, c'est toujours faire une histoire de l'ailleurs. C'est-à-dire que c'est faire une histoire de l'Afrique, de l'Asie, mais il y a peu d'histoire globale de la France par exemple. Mais ce qui pour les historiens de l'Afrique, de la colonisation est très bien, mais puisque c'est depuis des années deux-mille-quinze, on va dire deux-mille-seize que vingt vingt-et-un s'est vraiment ouvert à, il y a plus une année qui ne passe sans articles, voire dossiers sur l'histoire de l'Afrique ou des colonisations. Oui, alors on peut dire aussi que c'est une manière de de nouer différentes générations, différents courants qui s'intéressaient chacun, chacune à leur façon à d'autres espaces que l'espace franco-français parce qu'il y avait dans la revue un noyau dur d'historiens du politique et de la France qui a quand même dominé pendant un certain temps, mais il y a aussi eu des internationalistes, des gens dont l'affiliation on pourrait dire Renouvain du Rozelle, des historiens de la guerre, des historiens du colonial, donc ça veut dire que le le non français est arrivé par différentes façons dans la revue. Oui, je je pense, ça rejoint ce que ce que disait Claire Zalke, c'est la le renouvellement permanent du comité avec vraiment des vrais débats parce qu'on vient, or pas forcément des mêmes générations, pas forcément des mêmes écoles entre guillemets. C'est c'est extrêmement enrichissant puisque des africanistes qui en fait en ont marre de se dire africaniste et bien travaillent avec des historiens du social, de l'économie, des migrations et en fait ça permet de sortir l'histoire de l'Afrique ou de l'Asie de son soi-disant exceptionnellement parce qu'on est dans une revue généraliste qui essaye de montrer que l'histoire des indépendances, l'histoire des colonisations, bien c'est la même et ça, ça nous vient avec, avec Mathuray, avec Louise Barré là dans le numéro anniversaire qui nous propose un article sur comment enseigner l'histoire coloniale dans le secondaire. Et ça, je crois que c'est vraiment la force de vingt vingt et un d'avoir gardé ce côté généraliste, mais d'être aussi avec les membres de la rédaction et du comité de lecture qui sont aussi beaucoup à l'étranger, bien de de croiser l'histoire pour tout le monde, mais aussi l'historiographie telle que telle qu'elle se développe aujourd'hui. Oui, je j'allais peut-être poser ça comme dernière question, dans quelle mesure ce tournant global, c'est aussi un tournant du point de vue de ce qu'on lit dans le vingtième siècle dans quand on regarde l'état des matières des recensions dans les années quatre-vingt, quatre-vingt-dix, deux-mille, deux-mille-dix, on voit aussi que il y a une ouverture de plus en plus grande à ce qui s'écrit dans d'autres pays, dans d'autres langues, dans d'autres historiographies. Oui, je pense que c'est vraiment depuis une dizaine d'années, on le voit pour travailler avec les collègues de la rubrique librairie, on a presque assisté à à une inversion. Je pense qu'avant, soixante-dix pour cent des comptes rendus, c'était sur la France, tandis que maintenant, soixante-dix pour cent des comptes rendus, c'était sur la France, tandis que maintenant, soixante-dix pour cent des comptes rendus, c'est sur l'Allemagne, c'est sur l'Inde, c'est sur l'Amérique du Nord, c'est sur l'Afrique ou l'Asie. Et je pense que ça reflète en fait les dynamiques salvatrices, on va dire, d'histoire où l'histoire de l'Europe est une histoire parmi d'autres. Alors que là, on a des histoires vues de tous bords par des auteurs quand même largement différents. François-Xavier Neyra sur l'histoire soviétique. Il me semble essentiel d'abord de préciser que la question de l'histoire soviétique de celle aussi dans une certaine mesure de l'Europe médiane centrale orientale est toujours présente dans le vingtième siècle dès les débuts de la revue et ce par exemple dès le premier numéro puisqu'on y trouve un article d'Eric Vigne sur Stahkaranov et ou par exemple le numéro quatre avec un article d'Hélène Carrère d'Encausse sur les guerres de succession au Kremlin entre mille-neuf-cent-vingt-quatre et mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatre. On y trouve aussi assez rapidement des articles de Nicolas Woerth qui va dès mille-neuf-cent-quatre-vingt-six proposer ses premiers travaux sur l'histoire soviétique avec un premier article notamment sur l'alphabétisation dans la Russie soviétique. C'est le deuxième point qui me semble intéressant à souligner sur cette période de préouverture des archives et ouverture des archives c'est le rôle de Nicolas Woerth qui va jouer qui va être majeur puisqu'il publie donc un certain nombre d'articles avant l'ouverture des archives puis lorsqu'il est en poste à Moscou à l'ambassade il publie une sorte de veille historique sur ce qui est en train de se passer avec un article sur le film d'Abula le repentir et puis un article plus général sur le rapport des soviétiques à leur passé qui fait sentir au lecteur de vingtième siècle l'importance de ce qui est en train de se dérouler. C'est également lui qui va publier les premiers articles dans la revue à partir d'archives donc à la suite de l'ouverture des archives donc qui se passe à la fin de l'année mille-neuf-cent-quatre-vingt-onze début de l'année mille-neuf-cent-quatre-vingt-douze qui devient effective en mille-neuf-cent-quatre-vingt-treize véritablement il publie en mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatorze un texte en fait un document qu'il commente sur nos risques et puis toute une série d'autres articles notamment en mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix-sept. Sur la question elle-même de l'ouverture des archives, la revue est également très sensible à la question avec notamment une série de de de texte qui porte explicitement sur cette question de l'ouverture des archives un texte en mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatorze de Sabine en scène assez qui travaille qui s'intitule la botte de pandore des archives soviétiques puis des articles sur les archives françaises en Russie celles qui ont été saisies par les nazis puis aux nazis par les soviétiques par Sophie curé et Frédéric Meunier. Meunier enfin on a aussi un peu plus tard un texte sur les archives du comité notamment par Sage Wolikov et Bernard Bayerline. Si on s'intéresse maintenant à comment dire la production véritablement à partir des nouvelles archives on peut distinguer deux temps peut-être trois temps un premier temps qui correspond à aux premiers articles impulsé essentiellement par Nicolas Verte pour ce qui concerne l'Union soviétique donc au milieu des années mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix puis à la fin de ces années mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix série d'articles sur l'Europe centrale notamment par Sandrine Kot, Loïc Batel par exemple en mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf ou en deux-mille. Le deuxième temps cette fois-ci est consacré à ce que moi j'appellerais l'époque des thésards mais bon de manière un peu rapide c'est le moment où des jeunes chercheurs commencent à travailler véritablement à partir de ces archives et à produire des textes notamment dans les années deux-mille-sept deux-mille-huit on trouve des textes de Grégory du faux de Jérôme Bazin pour l'Europe centrale la Tchécoslovaquie et enfin troisième temps l'apogée de ce processus en deux-mille-dix deux-mille-onze deux dossiers très importants l'un consacré à la grande terreur aux soixante-dix ans de la grande terreur qui rassemble sept huit articles en deux-mille-dix et un dossier là encore dirigé par Sandrine Kot et Justine Faure en deux-mille-onze sur le blog qui s'intitule le blog de l'est en question. Puis après cette apogée finalement on a une sorte de banalisation de normalisation de l'utilisation des archives avec des articles à intervalle régulier qui voilà tiennent du du du quotidien j'allais dire de la de la revue avant malheureusement la refermeture en tout cas pour ce qui concerne la Russie de ces derniers mois de ces dernières années. La place de ces débats historiographiques dans la revue Antonin Durand, comment ça se passe lorsqu'on se dit, il y a il y a quelque chose, il y a un sujet important dont il faut qu'on parle, il faut parler d'histoire soviétique, où il faut parler d'histoire globale, où il faut parler d'histoire de la Shoah. Comment ça se passe le fait de monter un numéro, de monter un dossier Il y a essentiellement deux manières de de de monter un dossier. Le le plus souvent les dossiers nous arrivent de l'extérieur, c'est-à-dire c'est des propositions qui viennent de spécialistes de de de sujets qui veulent faire faire un point ou ou proposer un ensemble d'articles sur ces sujets-là et on a un dialogue avec eux pour pour essayer de le de le mettre au diapason de de la revue. C'est l'essentiel des dossiers ou des numéros spéciaux qu'on propose prennent cette forme-là et sont donc assumés par des auteurs extérieurs. Et puis il y a, il arrive également que les membres du comité de rédaction se s'organisent collectivement pour proposer un numéro un numéro spécial, c'est le cas du numéro anniversaire sur l'histoire du du vingt-et-unième siècle qui est vraiment une initiative collective du du comité de rédaction, c'est finalement un petit peu plus rare, mais c'est aussi ce qui permet de de de faire vivre véritablement le collectif, de de de de faire en sorte que les la diversité des des spécialités, des sensibilités qui est vraiment une marque de fabrique de de notre revue, permettent malgré tout des convergences sur des sujets qui nous paraissent d'intérêt général. Cette revue vingt et vingt et un ne s'est pas toujours appelée ainsi, c'était longtemps au vingtième siècle jusqu'en deux-mille-dix-neuf à vrai dire et Raphaël Branche va nous expliquer de quelle façon et pour quelle raison s'est fait ce changement. En fait quand je suis arrivée à la revue dans les années quatre-vingt-dix, la question du changement de nom se posait déjà, c'était une espèce de serpent de mer, on savait très bien que le vingtième siècle allait se terminer. Simplement on n'arrivait pas à se mettre d'accord et puis l'idée de l'appeler vingt-et-unième siècle ne fonctionnait pas, il y avait déjà une revue qui s'appelait comme ça. Donc finalement la question a été mise sous le tapis et puis on l'a on l'a reprise dans les années deux-mille-dix quand j'étais rédactrice en chef et et là on a on s'est dit voilà c'était plus possible donc on a on a pris une décision qui était de maintenir l'idée du vingtième siècle évidemment qui était essentielle, on reste une histoire ancrée dans le temps présent mais qui est évidemment aussi née de de ce vingtième siècle et on est même allé jusqu'à s'élargir au au début du du vingtième et jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle, changeant un petit peu les les fondamentaux de la revue de ce point de vue là. Et donc finalement voilà on a on a abouti à cette à ce titre vingt et vingt et un revues d'histoire avec une discussion sur les Sperluettes, une discussion sur l'usage des chiffres, une discussion sur le sous-titre revue d'histoire et puis finalement la rédaction s'est mise d'accord sur sur deux titres qu'on a qu'on a soumis à l'ensemble du comité et on a donc basculé dans dans ce nouveau nom dans lequel tout le monde s'est finalement assez vite retrouvé. Alors ce changement il était temps en quelque sorte en deux-mille-dix-neuf d'y arriver, d'autres vous l'expliquez dans l'introduction du numéro comme les Italiens de Ventunezi Monsecolo vingt-et-unième siècle dès deux-mille-deux l'avaient anticipé. Ce changement il reflète l'interrogation finalement centrale de ce numéro anniversaire qui est qu'est-ce que ça veut dire de faire de l'histoire du contemporain au vingt-et-unième siècle et vous le proposez suivant différents axes avec une réflexion d'abord sur ce qu'est le vingt-et-unième siècle quand il débute et quelle est notre situation temporelle, c'est quoi faire l'histoire du vingt-et-unième siècle Est-ce que c'est simplement une question de chiffres On est à partir de deux-mille-deux-mille-un, on est dans le vingt-et-unième siècle ou est-ce que c'est une réflexion plus large sur quelle césure il y a entre différentes phases du contemporain Est-ce que quelque chose se clôt entre mille-neuf-cent-quatre-vingt et deux-mille Et si oui quoi et de quelle façon Voilà comment vous vous avez réfléchi ou vous essayez de réfléchir à cette situation temporelle et aux césures que ça implique Marie-Bénédicte Vincent. Alors la question de la césure, elle a été elle était ouverte en fait quand on a lancé finalement le le dossier et l'appel à communication puisqu'on est parti quand même de propositions qui nous sont arrivées de l'extérieur, ce qui était évidemment voulu. Je dirais que dans l'article de d'Axelle Brodier sur l'état social en France, la lutte contre la pauvreté, elle réfléchit justement à la manière de périodiser, donc un temps qui irait des années dix-neuf-cent-quatre-vingt en France jusqu'aux années deux-mille-dix. Et elle, dans son champ d'histoire, puisque je pense que la réponse va varier évidemment selon les champs d'histoire, à savoir l'histoire de l'état social, elle repère une césure qui correspond plus ou moins au début du vingt-et-unième siècle, bon elle donne l'année deux-mille-deux qui est peut-être très précise dans son champ d'histoire, mais pour son champ d'histoire, disons qu'il existe ici un tournant. Et donc ça c'est une question ouverte évidemment, il va de soi que dans dans d'autres dans d'autres champs historiques, ça serait peut-être d'autres dates et et et peut-être pas aussi proches finalement du du changement de siècle qui serait qui serait pertinent. Donc là ça ça nous amène à à réfléchir, un enjeu fondamental pour toute historienne, tout historien à savoir quel est, quels sont les tournants, quelles sont les grandes inflexions et qui ne coïncident évidemment pas forcément avec une césure en deux siècles. Oui le, j'ajouterai que le que évidemment la la la question du du du recul historique est d'autant plus problématique quand on quand on parle des questions de césure, c'est-à-dire que pour pour bien identifier une césure on a besoin de de savoir quel processus elle elle lance et et donc d'analyser ce non seulement quand il commence, mais quand il est terminé. Et c'est assez difficile de de déterminer l'importance d'une césure quand on n'a pas le la le le la fin du du processus qui qui qui démarre au moment de cette césure-là. Donc on touche à la difficulté qu'on a qu'on a essayé de de d'affronter, de de faire l'histoire du vingt-et-unième siècle quand on est seulement en deux-mille-vingt-quatre, c'est qu'évidemment on fait à la fois l'histoire de d'un nouveau siècle qui est qui a des nouveautés à la fois en termes en termes de sources, en termes de processus politiques, il y a quand même des césures qui peuvent avoir du sens, mais d'un autre côté, on fait en même temps l'histoire du temps présent et faire l'histoire du temps présent, ça pose des questions que qui ont été formulées dès les années mille-neuf-cent-quatre-vingt, mais qui restent d'une grande actualité, qui font qu'en deux-mille-vingt-quatre, on n'a pas accès à un certain nombre de sources auxquelles on aura certainement accès plus tard. En sens inverse, on a encore à disposition des témoins avec lesquels on peut travailler différemment et donc faire l'histoire du vingt-et-unième siècle en deux-mille-vingt-quatre, c'est c'est deux choses à la fois, c'est faire l'histoire d'un siècle qui est indéniablement nouveau sur de de nombreux plans, mais c'est aussi faire de l'histoire du temps présent, c'est-à-dire malgré tout manquer un peu de recul. C'est faire l'histoire du vingt-et-unième siècle, mais le numéro finalement a une deuxième ambition peut-être plus importante et plus réflexive qui est pas seulement comment on écrit l'histoire du vingt-et-unième siècle, mais qu'est-ce que le vingt-et-unième siècle et la situation contemporaine fait à l'écriture de l'histoire, il y a toute une série de réflexions notamment sur le tournant numérique lorsque nous faisons de l'histoire aujourd'hui nous n'en faisons certainement pas la façon dont Michel Vinocq et Jean-Pierre Rioux tapaient sur des machines à écrire puis sur des premiers Apple deux et PC qui étaient bien loin de des performances actuelles Donc ça veut dire qu'on est dans un environnement de travail qui fondamentalement est différent de celui de nos collègues d'il y a quarante ans, qui travaillait il y a quarante ans et qui se transforme à toute vitesse. Alors ça, c'est un enjeu notamment Caroline Muller faire des travers dans le numéro, ils réfléchissent. Qu'est-ce qu'on peut dire sur ce point Oui alors effectivement c'est l'objet de de de l'article de de de Caroline Muller et Frédéric Clavert que de que de réfléchir à ce que les les algorithmes, l'intelligence artificielle changent à la à la manière à la manière d'écrire l'histoire et évidemment que notre travail quotidien en tant qu'historien ne ressemble en rien à celui des historiens de d'il y a quarante ans, donc la césure elle concerne aussi nos, elle concerne aussi nos pratiques d'écriture. J'ajouterai que ce que ce qui ce qui me paraît particulièrement intéressant dans leur dans leur article, c'est la réflexion sur la transition qui s'opère entre entre différents régimes de production des sources, le passage du papier aux archives nativement numériques, parce que cette transition elle produit aussi des difficultés spécifiques qu'ils identifient assez bien en prenant quelques exemples d'archives qui se sont littéralement perdues en fait parce que les archives papier n'existaient plus parce que les pratiques de collecte des archives numériques n'étaient pas encore en place. D'ailleurs on peut se demander jusqu'à quel point elles sont en place encore maintenant, il y a il y a il y a certainement des des quantités importantes d'archives qui se qui qui se qui ne sont pas conservées parce qu'on on n'a pas encore totalement mesuré les effets de ce les les effets de cette transformation. Et puis s'intéresse aussi à la façon dont dont jusque dans l'écriture de l'histoire, nos nos pratiques sont transformées parce que on lit les sources différemment, parce qu'on a on a accès à des corpus qui sont beaucoup plus vastes et qu'il n'est plus humainement possible de consulter et de lire normalement, donc on est obligé de recourir à la machine pour faire des choses nouvelles, des choses qu'on ne pouvait pas faire avant, mais ça nécessite quand même une petite problématique sur le rôle de la machine, que de s'apercevoir qu'on travaille parfois sur des sources qu'on n'a pas lu nous-mêmes et puis s'ajoute, c'est le dernier enjeu du texte, c'est la révolution encore largement en cours, celle de l'écriture. Maintenant on on peut être assisté par un ordinateur pour écrire de plus en plus, alors a priori on exige encore dans vingt et vingt et un et pour un certain nombre d'années encore probablement que les articles soient écrits par des humains, mais on sait que de plus en plus des des facilités d'écriture sont proposées par l'informatique et que probablement ce n'est pas notre rôle indéfiniment que de les refuser. Je dirais que la revue c'est un bon observatoire puisque les articles nous arrivent. Par définition, une revue c'est un un bon observatoire des pratiques en cours d'écriture. Et ce qu'on peut observer, même si je pense que ça va s'accentuer dans dans les années qui viennent, on voit déjà arriver des des articles avec des sources totalement inhabituelles pour ceux qui ont été formés il a quelques décennies, à savoir qu'ils ne sont plus des des sources d'archives, mais des sources sur de, donc des ressources numériques et puis les réseaux sociaux. Et je pense notamment au numérographiti qu'on a sorti il y a un an où il y avait un article sur le trait contemporain, le mouvement des gilets jaunes où les sources étaient par définition des sources nouvelles. Et toute la l'enjeu, là il y a toute une réflexion qu'on a amenée et c'était très intéressant collectivement, c'était comment on va évaluer la scientificité justement de la démarche d'écriture de ce type d'article qui ne travaillent pas comme on a l'habitude de voir en histoire contemporaine et en histoire du vingtième siècle. Donc là, je pense qu'on est, on est même assez curieux de collectivement de de d'observer finalement le mutation des pratiques de travail, mais aussi d'écriture des des des collègues. Et c'est vrai que la revue, c'est un observatoire intéressant pour ça, parce que la revue elle-même est un objet qui avec qui a sa propre historicité qui s'est formalisé au dix-neuvième siècle sur le modèle de la revue savante et qui aujourd'hui même avec une typographie il m'a quatre pensées plus illustration ressemble peu ou prou à ce qu'était une revue du dix-neuvième siècle un volume de cent ou cent-cinquante pages reliées imprimées et cetera mais avec des pratiques d'écriture et de lecture aujourd'hui qui sont très différentes et notamment la revue elle est beaucoup lu sur Kern beaucoup lu non pas par numéro mais lu article par article ce qui parfois casse un peu la cohérence de ce qui avait été ce qui avait été pensé donc on est dans l'intersection entre des choses auxquelles on est fidèle, nos méthodes et nos formats et puis des choses qui se transforment à à toute vitesse et qu'on auquel on fait face. C'est vrai que vingt et vingt et un a encore pour quelques années cette chance de sortir sous deux formats donc c'est un format papier classique, mais c'est c'est bien sûr un un format numérique puisque nous sommes sur Cairne, alors il y a une barrière mobile de trois ans. Et passé cette barrière, les les accès sont en consultation gratuite et on s'aperçoit que on a beaucoup de vieux numéros. Paradoxalement, on pourrait penser que la revue c'est l'histoire en train de se faire et que donc passé un certain nombre d'années, les numéros ne sont plus tellement actuels, mais si si on fait un comptage et on peut le faire avec Kern, les les articles les plus consommés ne sont pas forcément les articles les plus récents, mais des articles qui sont peut-être devenus des articles de référence, notamment des articles d'historiographie, le numéro sur Norbert Elias, c'est ça reste je crois le le best of du vingtième siècle, alors que c'est un numéro maintenant ancien. Donc la la consommation, pour reprendre un terme marchand d'articles, leur lecture, c'est c'est quelque chose qui qui bouscule un peu le le travail dans une revue puisque quand on pense à un numéro, il y a peut-être une déception, une nostalgie de de du numéro en soi, du numéro thématique qu'on va lire, de l'introduction qui fait sens et qui donne sa cohérence aux différents articles et c'est sans doute ce qui va devenir avec ce numéro anniversaire ou peut-être l'introduction dans son aspect historiographique et un peu programmatique sera lu pour elle-même certains articles, mais sans doute pas la totalité du du numéro, mais ça fait partie du jeu maintenant je Vous avez parlé d'articles de synthèse, d'articles historiographique, il y en a deux qui sont un peu sur ce format dans le dans le numéro anniversaire, celui de Antoine Praud et Gwinter sur l'histoire de la grande guerre qui font un peu un bilan de l'historiographie au monde du centenaire et puis aussi l'article de Laurence Badel qui tout en ayant des propositions propres fait aussi un point sur où en est l'histoire des relations internationales. Alors ces deux articles sont intéressants aussi parce qu'ils sont deux reflets d'une tendance lourde de l'historiographie et l'internationalisation puisque l'histoire de la grande guerre, l'histoire des relations internationales par définition, on est on est aux prises avec de l'international et d'une certaine manière pour vingtième siècle, la question de de ce tournant international, elle s'est peut-être moins posée que pour d'autres revues plus franco-françaises dans la mesure où dès l'origine quelqu'un comme François Bédarida qui est spécialiste du monde britannique, tous les historiens qui étaient dans la lignée, Renouvain Duroselle, internationaliste aussi par par définition s'intéressaient à l'étranger et à ce qui n'est pas strictement français, mais ça s'est sans doute accentué c'est peut-être devenu encore plus une évidence dans les dix quinze dernières années que la revue avait forcément pour horizon pas seulement la France et l'histoire politique française comme ça a pu être le cas pour une partie à son origine mais un horizon qui est vraiment un horizon mondial Antonin. Oui alors il est certain que la que la que la revue a une vocation internationale qui se qui se qui se qui se lit notamment dans le dans dans la forte internationalisation de son comité de lecture, on a on a une revue qui a un fonctionnement double avec deux comités, un comité de rédaction qui s'occupe de de de l'édition, des rubriques, de de de lancer de lancer des projets et un comité de lecture qui s'occupe de l'expertise essentiellement des des articles et ce comité de lecture, il est fortement internationalisé et avec en plus des des des articles des acteurs internationaux qui sont très présents, qui qui qui vraiment participent au débat, expertise des des articles et qui donc évidemment apporte un regard, un regard un regard différent donc c'est un c'est un premier aspect et ça ça a toujours été vrai de de depuis depuis mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatre par le jeu des des réseaux personnels, des réseaux institutionnels, la la la volonté de d'avoir un comité de lecture fortement international est important. Il y a d'autre part le fait que nous arrivent des articles de l'international, des articles qui ne sont pas écrits uniquement par des historiens français ni même francophones. Et sur ce point-là, on a une politique de de publication en français, c'est-à-dire que la la la revue est une est une revue francophone, donc même les articles qui nous arrivent en anglais sont traduits en français pour avoir une une une revue cohérente sur le plan linguistique, évidemment on ne perçoit pas ça comme un obstacle à l'internationalisation, c'est c'est c'est une forme de d'acte militant de continuer à considérer que la la langue française est aussi une langue internationale et que la recherche en français à sa place au-delà des des des simples des simples pays francophones, mais effectivement il y a s'ajoute à ça évidemment le le le fait que l'historiographie est internationale que vingt et vingt et un n'est pas le le fer de lance d'une historiographie française, mais bien le réceptacle d'une historiographie internationalisée et qui s'intéresse à l'histoire du monde, à l'histoire comparée à l'histoire transnationale et donc effectivement les articles de de synthèse comme celui qui porte sur les les relations internationales de Laurence Badel ou celui qui porte sur le le bilan du centenaire de la première guerre mondiale de de Jay Winter et Antoine Praud ont en commun le fait de faire, de proposer un bilan en français d'un champ historiographique fortement internationalisé pour mettre à disposition de nos lecteurs une une une historiographie qui est loin d'être uniquement francophone. Pour donner l'exemple concret des relations internationales, donc qui, Laurence Badel propose une sorte de synthèse, de bilan, d'une transformation en cours de de l'histoire des des relations internationales, donc champ d'histoire classique, mais qui a été beaucoup renouvelé récemment. Et parmi les les dimensions de ce renouvellement, elle met en lumière une tendance qui vient beaucoup de l'étranger, que s'il s'agisse du monde germanique ou qu'il s'agisse du du monde anglo-saxon, à savoir la réflexion sémantique. Donc l'analyse de l'histoire des termes employés dans la langue internationale, par exemple le terme de conciliation, le terme de réconciliation, des des termes comme ça. Qu'est-ce qui charge Quelle est leur leur généalogie finalement Et quand on les utilise au vingt-et-unième siècle ou au vingt-et-unième siècle, d'ailleurs ça ça peut changer. Qu'est-ce qu'on a comme représentation derrière Et avec tous les enjeux de la traduction aussi de ces termes dans dans des langues diverses. Et puis les outils de d'analyse des historiens, des historiens des relations internationales quand ils utilisent des catégories, elles-mêmes sont des catégories qui ont été construites. Et faire l'histoire de ces de ces catégories, de ces outils est un moyen aussi de d'enrichir d'enrichir l'histoire classique des relations internationales. Donc voilà pour donner un un exemple, cette direction, on va dire d'études sémantiques vient beaucoup de l'étranger et je trouve que ça ça c'est c'est un exemple qui qui montre combien aujourd'hui on peut être un historien, une historienne en France de l'histoire des relations internationales, mais forcément connectée je dirais avec ce qui se passe ailleurs dans le monde de dans ce champ. Il y a un autre élément dans le numéro anniversaire qui est aussi une manière d'être fidèle à l'origine de la revue et à son histoire qui est cette réflexion sur la mémoire proposée par Sébastien Ledoux parce que de fait l'enjeu de la mémoire il est il est monté en puissance en même temps que vingtième siècle mille neuf cent quatre-vingt-quatre c'est dans les années où Henri Rousseau, Henri Rousseau publie ses livres marquants sur cette notion appliquée origine de fichiers en particulier et puis plus largement il y a des memories aujourd'hui qui sont institutionnalisées, internationalisée et cetera non sans paradoxe puisque parfois les mêmes individus écrivent sur la mémoire en tant qu'historien et puis parfois se retrouvent avec casquette de commémorateur, créateur de musée, conseiller politique pour des commémorations et caetera, Ce qui ne va pas de soi et du coup c'est cette tension qu'interroge Sébastien Ledoux dans l'article que vous publiez. Oui alors l'article au fond revient sur un enjeu qui était déjà présent dans les années mille-neuf-cent-quatre-vingt, à savoir quelle est la place, le rôle social de l'historien dans dans la société dans laquelle dans lequel il vit. Et donc il prend l'exemple évidemment, il travaille sur le vingt-et-unième siècle et il montre qu'il y a cette ambivalence de la posture quand on est historien de la mémoire, on est à la fois, on travaille sur un objet qui qui est un objet d'histoire en tant que tel et en position on va dire objective. Et puis en même temps, on est situé dans son dans son époque, dans sa société et face à des demandes qui émanent des pouvoirs publics, des associations, et caetera. Et donc il y a il y a toute une une posture sur laquelle il appelle à à réfléchir. Alors l'article est assez critique vis-à-vis en fait d'un certain nombre d'historiennes et d'historiens qui justement peut-être confondent un peu les les rôles par moments. Ils pointent aussi une difficulté de ce champ, alors il y a à la fois beaucoup de travaux en histoire de la mémoire et c'est fortement champ d'histoire qui attire notamment beaucoup de jeunes chercheurs, mais il n'y a pas beaucoup de postes à l'université dans cette spécialité et ça reflète peut-être une méfiance de la profession vis-à-vis de ce de ce champ de de l'histoire, voilà. Donc ça c'est assez intéressant aussi. La question des postes, elle n'est pas directement abordée dans le dans le numéro, mais il y aurait sans doute matière aussi à à une interrogation sur les postes, leur nombre, l'état de l'université avec des questions évidemment politiques et sociales très très importantes derrière et peut-être que ce un une autre réflexion qui pourra être prolongée sur faire l'histoire au vingt-et-unième siècle dans les conditions politiques économiques et sociales qui sont celles de l'université française en particulier peut-être dernier aspect qui est évidemment très important c'est l'enjeu environnemental qui est abordé notamment dans l'article Emmanuel Perestistrand, Sébastien Rozot, L'Ortellière, qui au fond se pose aussi une question ou pointe une contradiction qui est que faire de l'histoire c'est voilà faire l'histoire du passé, mais c'est faire l'histoire au présent dans un présent qui est marqué par l'urgence et l'urgence climatique en particulier. Et entre ces deux dimensions naissent une série de contradictions qui sont aussi liées à la pratique professionnelle, faire l'histoire c'est parfois prendre l'avion pour aller à un colloque mais est-ce que c'est pas contribuer finalement à ces crises environnementales elles-mêmes donc ces collègues se se posent des questions d'ailleurs il y a peut-être plus de questions que de réponses à ce stade sur qu'est-ce que ça signifie que faire de l'histoire à l'heure du défi environnemental et climatique Oui alors effectivement cet cet article donc qui est qui est publié comme un un enjeu donc une rubrique qui est qui est un peu spécialisée dans ces questions plus ouvertes que que que que refermé par la recherche, il s'appuie sur les sur sur les travaux de de de collègues de l'université de Toulouse qui qui sont organisés dans un dans un atelier dit à Tecopole, atelier d'écologie politique qui est né donc en en deux-mille-dix-huit et qui réunissait des des historiennes et des historiens qui avaient pour particularité de ne pas être majoritairement des historiennes et historiens de l'environnement, mais des gens qui travaillaient sur des sujets très différents en relevant l'histoire politique, l'histoire économique et sociale, l'histoire culturelle éventuellement et qui confrontés à à à l'urgence climatique se sont demandés comment ils pouvaient et même comment ils devaient intégrer dans leurs pratiques de d'historienne et d'historiens ce nouvel enjeu. Et ont essayé de de décliner ça un petit peu dans les différents aspects du métier de d'enseignant chercheur, donc aussi bien sur le plan de l'enseignement que sur le plan de la recherche et donc ils se sont demandés comment chacun dans son dans son dans son champ d'origine, dans son champ de de de d'enseignement, il pouvait intégrer des aspects d'histoire de l'environnement à à des questions plus générales, donc plutôt que de proposer uniquement des des cours spécialisés à part sur sur les questions environnementales, se dire que l'environnement devait être remis au centre ou en tout cas réinterrogé comme enjeu sur sur sur les sujets aussi divers qu'ils puissent être. Et d'autre part, effectivement du point de vue de la pratique de chercheurs, il y a la question de de de comment réintégrer les les questions d'histoire environnementale à nos questionnements quel qu'il soit, puis la question plus quotidienne de comment comme chercheurs on on on fait pour ne pas être, pour ne pas contribuer à l'aggravation de la crise climatique et c'est vrai que de ce point de vue là, l'université reste un un milieu où l'internationalisation est très importante et on est très attaché, on l'a on l'a dit à cette internationalisation, mais l'internationalisation ça va beaucoup avec des déplacements, l'utilisation de l'avion, des déplacements qui sont parfois très très très loin pour des interventions très brèves à des colloques où il y a la fois beaucoup de monde et pas beaucoup d'auditeurs. Donc il y a il y a il y a des questions à se poser sur sur la manière de repenser un petit peu les carrières, la valorisation des de l'internationalisation sans contribuer trop lourdement à l'aggravation de la crise climatique. En terminant ce entretien et en vous remerciant Marie-Bénic Vincent et Antoine Durand et en vous souhaitant bon anniversaire et à la et à la revue. Peut-être qu'on peut redire un mot de ce fonctionnement collectif qui est propre à beaucoup de revues, mais là je pense pour ce numéro c'est particulier parce que vous êtes ici plus des porte-parole que des auteurs d'une certaine manière. Tout à fait, on a voulu mettre finalement à l'honneur, à l'occasion d'un numéro anniversaire qui aurait plus de visibilité sans doute que d'autres numéros dans l'année. Le travail collectif qui anime ceux et celles qui participent à la vie d'une revue, C'est un travail collectif qui est, qui suppose en fait du temps, une certaine abnégation parce que justement on on travaille beaucoup sur des articles que l'on ne signe pas soi-même, mais qu'on accompagne jusqu'à jusqu'à l'édition. Et donc c'est l'occasion aussi de de montrer de manière assez assez concrète qu'une revue c'est avant tout des collègues qui se mettent au service d'un collectif et qui acceptent de donner du temps et de leur expertise puisqu'il s'agit de ça aussi pour réaliser quelque chose ensemble qui fasse réfléchir chacune, chacun dans ses projets personnels de de recherche. Donc il y a cette fécondité entre quand même la recherche qu'on qu'on mène chacun, chacune et puis cet investissement qui qui est fécond. C'est bien effectivement par les temps qui courent qu'il puisse y avoir des des lieux collectifs où discuter ou travailler ensemble et et on le fait d'ailleurs aussi volontiers à ce micro. Merci beaucoup à tous les deux. Merci. Merci d'avoir écouté l'émission, rendez-vous sur le site parole histoire point f r pour retrouver l'intégralité des épisodes et des séries thématiques. Rendez-vous également une semaine sur deux le vendredi avec Alexandre Jublin sur le fil du collimateur pour le podcast l'histoire de la guerre et des conflits armés, le fil de l'épée. N'hésitez pas à laisser une note ou un commentaire sur le podcast notamment sur iTunes ou Spotify et à bientôt pour un nouvel épisode.